Ceuta : ne pas céder aux marchands de peur

Le LSAP apporte son plein soutien à l’action du gouvernement espagnol de Pedro Sánchez face aux événements tragiques survenus à Ceuta et appelle le gouvernement luxembourgeois à en faire autant.

Lors de la réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, demain 4 août, au sujet de l’afflux massif de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, le gouvernement luxembourgeois devra défendre sans ambuiguïté l’espace Schengen et soutenir clairement l’action du gouvernement espagnol. L’Espagne nous a prouvé qu’il est possible de protéger efficacement une frontière extérieure de l’Union sans renoncer à l’État de droit ni aux valeurs qui la fondent.

Alors que certains responsables politiques cherchent déjà à faire des événements de Ceuta un argument contre l’Espagne, contre l’espace Schengen et contre le projet européen lui-même, force est de constater que ces événements ne constituent ni un échec de Schengen ni une prétendue ouverture des frontières européennes: les autorités espagnoles ont réagi avec fermeté, la quasi-totalité des personnes entrées irrégulièrement à Ceuta ont été reconduites et aucune d’entre-elles n’a atteint le continent européen.

Tout porte à croire que ces mouvements migratoires ont été organisés et instrumentalisés. Des dizaines de personnes ont perdu la vie en essayant de rejoindre Ceuta par la nage, victimes des réseaux criminels de passeurs qui continuent d’exploiter la détresse humaine à des fins politiques et financières. Au lieu de proférer de fausses informations pour alimenter la peur, il faut au contraire élucider rapidement les origines de cette action de déstabilisation.

C’est pourquoi nous condamnons sans ambiguïté tous les dirigeants et personnes politiques qui exploitent cette situation à pour semer la peur et remettre en cause le système Schengen. Lorsque des dirigeants comme la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni ou le ministre allemand de l’Intérieur Alexander Dobrindt utilisent Ceuta pour justifier un discours de fermeture et de méfiance, ils ne contribuent ni à la sécurité de l’Europe ni à une gestion responsable de la migration. Ils fragilisent l’unité européenne et font le jeu de ceux qui cherchent précisément à diviser l’Union européenne.

La migration est un défi européen et exige donc une réponse européenne. Refuser le populisme ne signifie pas renoncer au contrôle des frontières. Une politique migratoire responsable et crédible repose précisément sur ces deux exigences: la fermeté dans la protection des frontières extérieures et le respect absolu de la dignité humaine. Le LSAP appelle dès lors le gouvernement luxembourgeois à soutenir clairement l’action du gouvernement espagnol lors de la réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne demain 4 août. La pire menace pour Schengen ne vient pas de Ceuta, mais de ceux qui utilisent chaque crise migratoire pour saper la confiance dans le projet européen. Il est du devoir de notre pays de défendre sans ambiguïté l’intégrité de l’espace Schengen et de promouvoir au sein de l’Union une politique migratoire fondée sur les faits, la responsabilité et la solidarité.