Pour une réforme fiscale juste, sociale et responsableLe projet d’individualisation des classes d’impôt, présenté récemment par le gouvernement, constitue un pas dans la bonne direction. Il corrige une injustice du système actuel, favorise l’égalité entre les contribuables et entre les sexes, et modernise la fiscalité.
Cependant, son coût budgétaire est estimé à près d’un milliard € par an – un montant qui s’ajoute aux autres allègements fiscaux déjà consentis, notamment aux entreprises à travers la baisse déjà opérée et celle annoncée de 1 % de l’impôt sur le revenu des collectivités (IRC), ce qui à elle seule représente un manque à gagner de 70 millions € par an.
Cette baisse des recettes fiscales intervient à un moment où les dépenses militaires et de défense – 1,3 milliard € prévu dans le 2026 – augmentent fortement, et où les besoins budgétaires croissent dans des domaines essentiels tels que le logement, la santé, l’éducation, ainsi que la transition écologique et numérique.
Réformer l’impôt sans stratégie de financement claire, c’est creuser un trou durable dans les finances publiques.
Une réforme équitable guidée par la justice sociale et la responsabilité budgétaire
En outre, le LSAP considère que l’individualisation des classes d’impôt à elle seule ne permet pas de corriger les déséquilibres fondamentaux du système actuel. C’est pourquoi le LSAP plaide pour une réforme fiscale plus juste et plus complète qui soulage les petits et moyens revenus, redonne du pouvoir d’achat aux ménages et permette à l’Etat financer les politiques publiques au service de tous.
Le LSAP propose ainsi de :
- introduire l’individualisation des classes d’impôt pour plus d’équité, notamment envers les personnes seules, et pour que l’impôt ne dépende plus du statut marital ;
- d’ajuster le barème fiscal proposé afin qu’il soit plus équitable : une progression plus modérée au début des revenus, une hausse plus marquée pour les salaires élevés ;
- soutenir les familles via des allocations familiales et des crédits d’impôt ciblés ;
- réduire le déchet fiscal et d’assurer un contre-financement équitable en diversifiant les recettes fiscales :
- introduire une tranche d’impôt supplémentaire pour les revenus supérieurs à 300.000 € ;
- supprimer ou de réduire les niches fiscales injustifiées ;
- de corriger la fiscalité du capital, aujourd’hui beaucoup plus favorable que celle du travail ;
- développer le principe du pollueur-payeur, pour financer la transition énergétique.
La priorité budgétaire devra être, tout en garantissant un soulagement du poids fiscal pour les petits et moyens revenus et le maintien du pouvoir d’achat des ménages, d’assurer la soutenabilité budgétaire afin de pouvoir continuer à investir pour les générations actuelles et futures dans les domaines prioritaires du logement, de la santé, éducation, environnement, culture, digitalisation…
Le LSAP salue la démarche du ministre des Finances, qui a demandé aux partis politiques de se prononcer sur son projet d’individualisation des classes d’impôt, avant même l’ouverture du processus législatif, et ce à un moment où le Premier ministre vient de rompre avec le dialogue social.
Communiqué du groupe parlementaire LSAP.
Luxembourg, le 24 octobre 2025.
