Il s’agit de personnes, d’êtres humains, de familles et d’enfants… Parce qu’une politique d’asile et de migration durable ne peut se concevoir sans une politique d’intégration cohérente, efficace et ambitieuse, le LSAP exige du gouvernement un revirement immédiat de son action politique.
Le Luxembourg est traditionnellement un pays d’immigration et d’asile. Depuis le 19ᵉ siècle, le Luxembourg a accueilli d’innombrables personnes fuyant la précarité, leur offrant la possibilité de trouver travail et sécurité. Ces femmes, ces hommes et leurs enfants ont, depuis, contribué à la richesse de notre pays, tant sur le plan économique que social. Cette intégration, vécue au quotidien dans tous les domaines – marché du travail, école, sport, culture et langue – a forgé et renforce encore aujourd’hui la cohésion de notre société.
Mais ces temps semblent révolus. Le gouvernement actuel, avec son ministre de l’Intérieur Léon Gloden, a choisi de rompre avec ce modèle. Désormais, la politique migratoire se concentre sur la rétention et les expulsions, laissant peu de place à l’accueil, à l’exception notoire de ceux qui répondent aux critères de la « Talent Attraction Strategy », destinée à notre place financière. Avec l’introduction de nouvelles procédures, notre politique migratoire adopte une orientation de plus en plus restrictive, mettant en péril l’intégration elle-même. Une politique migratoire qui néglige les mesures d’intégration est une politique myope, incapable d’appréhender la réalité dans sa globalité.
C’est pourquoi nous ne pouvons soutenir le gouvernement lorsqu’il applique le pacte européen sur la migration de manière plus restrictive que ne l’exigent les règles de l’UE. Ce pacte définit un cadre, mais il ne prescrit pas d’en adopter systématiquement l’interprétation la plus stricte. Cette rigidité relève d’un choix politique, et non d’une obligation légale ou factuelle.
Une politique migratoire doit toujours garder à l’esprit qu’elle concerne des êtres humains : des familles, des parents, des enfants. Faire l’amalgame entre migration et sécurité est un jeu périlleux. Les raids d’ICE aux États-Unis sont malheureusement devenus une illustration quotidienne d‘où peut conduire une telle approche politique.
Le LSAP plaide pour une politique migratoire humaine qui favorise l’intégration, au bénéfice de notre société. Pour cela, nous exigeons :
L’émancipation par le travail par un accès plus facile au marché du travail.
- La réduction du délai, de 6 mois à 1 mois, pour pouvoir demander une autorisation de travail ; la possibilité de pouvoir travailler en tant qu’indépendant.
- Les personnes bénéficiant du statut de réfugié doivent pouvoir s’inscrire à l’ADEM.
- Les demandeurs de protection internationale doivent être immédiatement interrogés sur leurs compétences afin de pouvoir les orienter de manière ciblée vers le marché du travail.
- L’homologation des diplômes doit être simplifiée, par exemple par des tests pratiques.
Une politique d’intégration active.
- Tous les demandeurs de protection internationale doivent pouvoir participer gratuitement aux cours du Biergerpakt (Pacte citoyen), notamment aux cours de langue.
- Les perspectives professionnelles doivent être considérées dans le choix de la langue à apprendre ou à perfectionner.
Un accueil digne grâce à une responsabilité territoriale.
- Les conditions de vie et les normes d’hygiène dans les structures d’accueil pour réfugiés doivent être améliorées et contrôlées par une autorité indépendante.
- Les structures surchargées de l’Office national de l’accueil (ONA) sont aussi le résultat de la crise du logement. Il est donc indispensable d’instaurer un mécanisme obligatoire de répartition des personnes bénéficiaires de protection internationale entre toutes les communes du pays, en fonction des capacités et des infrastructures locales. En parallèle, il faut créer des logements abordables supplémentaires dans les communes.
- Les personnes ayant le statut de réfugié et encore hébergées dans les structures de l’ONA, et qui doivent reverser une partie de leurs revenus en guise de « loyer », doivent pouvoir bénéficier d’aides étatiques (comme p.ex. la « subvention loyer »).
Toute politique migratoire doit être conçue et mise en œuvre dans le but d’aider les personnes dans le besoin. Une politique d’intégration proactive est indispensable. En aucun cas La politique migratoire ne doit se limiter à des enjeux sécuritaires, ni diaboliser celles et ceux qui fuient la précarité — et encore moins sous l’impulsion du gouvernement.
