Lors de la prochaine crise, le Luxembourg risque d‘être pris au dépourvu. Le gouvernement a certes présenté sa « Stratégie nationale de résilience », avec des expressions accrocheuses comme « tous risques » et « approche pan-sociétale ». « Mais sur le terrain, rien de concret : les ménages ne reçoivent pas d’informations de manière régulière, aucun exercice d’ampleur nationale implique la population, et il n’y a aucune transparence sur quelles mesures sont effectivement appliquées », fustige la députée LSAP Paulette Lenert.
La récente cyberattaque contre Post et l’inaccessibilité prolongée de LuxTrust ont malheureusement montré à quel point la gestion de crise au Luxembourg est fragile, et combien certaines instances semblent dépassées quand il faut réagir. La rapidité avec laquelle une situation peut basculer, et la nécessité d’être prêt, autant sur le terrain que dans la communication, ont été rappelées par les conséquences de la grande panne d’électricité sur la péninsule Ibérique en avril dernier, ainsi que par le sabotage récent de lignes électriques à Berlin.
Mais malgré ces avertissements, la préparation reste défaillante au Luxembourg. La population n’est pas sensibilisée de façon cohérente aux situations d’urgence, la communication de crise est insuffisante et fait trop rarement l’objet d’exercices, et aucun plan opérationnel ne semble prêt à être déclenché sans délai en cas de crise majeure. Par ailleurs, l’appel de la Commission européenne en mars 2025, demandant à chaque ménage d’être en mesure de fonctionner de manière autonome pendant au moins 72 heures, a été largement ignoré dans ce pays.
« La résilience commence par la communication : ouverte, claire et fiable ; sans panique, mais avec des recommandations concrètes. La prévention, ce n’est pas de la PR. La prévention doit être concrète, répétitive et compréhensible pour tout le monde », souligne la présidente du groupe parlementaire LSAP, Taina Bofferding, rappelant que la motion du LSAP sur la résilience et la gestion de crise, adoptée par la Chambre en avril de l’an dernier, est restée depuis sans suite.
C’est pourquoi le LSAP exige du gouvernement des mesures concrètes pour que le Luxembourg soit en mesure de réagir et de protéger sa population en cas de crise :
- une campagne nationale d’information multilingue avec des recommandations concrètes et pratiques (que faire en cas de crise, où trouver de l’aide, etc.) ;
- une brochure envoyée à chaque ménage, dans les langues les plus parlées, précisant comment s’organiser pour tenir en autonomie pendant 72 heures ;
- des exercices réguliers avec la population civile et les communes ;
- du matériel spécifique et des campagnes adaptées dans les écoles à destination des enfants, des jeunes et du personnel enseignant ;
- des canaux de communication qui ne se contentent pas d’alerter, mais donnent aussi des instructions claires sur la conduite à adopter.
Car au final, la question n’est pas de savoir si le Luxembourg a une stratégie sur le papier, mais si chacun sait quoi faire quand la prochaine crise frappera à notre porte !
