L’escalade dramatique au Proche-Orient exige des prises de position claires et des actions concrètes.

L’escalade dramatique au Proche-Orient exige des prises de position claires et des actions concrètes. La posture attentiste du gouvernement luxembourgeois affaiblit la crédibilité de notre pays sur la scène internationale.

Actuellement, l’inertie du gouvernement Frieden prévaut, que ce soit par rapport au mépris du droit international par les Etats-Unis ou par rapport aux actions militaires illégales et disproportionnées conduites par Israël. Le gouvernement s’adonne de la sorte à un zèle anticipatif, comme ce fut déjà le cas lorsque la BCEE a fermé unilatéralement les comptes de la Cour pénale internationale (CPI) suite aux sanctions américaines visant des magistrats de la CPI. Une telle complaisance fragilise gravement les principes du droit international et entame la confiance dans la capacité du Luxembourg à défendre les institutions internationales.

Nous observons avec inquiétude la dernière dérive verbale du président des États-Unis, qui le 7 avril 2026 sur la plateforme Truth Social a déclaré qu’«une civilisation entière pourrait mourir ce soir, sans jamais pouvoir être reconstruite » en lien avec le conflit en cours avec l’Iran. La menace de génocide est ici clairement formulée.

Dans le même temps, nous condamnons fermement les opérations militaires d’Israël au Liban, qui aggravent une crise humanitaire majeure et menacent la stabilité régionale voire mondiale. La guerre au Liban s’inscrit dans la continuité des politiques menées dans les territoires occupés, marquées par la colonisation, les destructions et les violations répétées du droit international. Les Nations Unies alertent sur des crimes de guerre et des risques de génocide. Ces faits exigent une réponse claire, sans ambiguïté.

L’escalade militaire impliquant les États-Unis, Israël, le Liban et l’Iran illustre par ailleurs l’impasse d’une logique de confrontation qui fragilise l’ordre international.

Le droit international n’est pas optionnel : il constitue une garantie existentielle pour la communauté internationale, et plus encore pour les petits États comme le Luxembourg, dont la sécurité et l’existence reposent précisément sur le respect des règles communes.

Le gouvernement luxembourgeois doit enfin rompre avec son attitude passive et retrouver le courage politique, en s’inspirant notamment d’États comme l’Espagne, qui défend avec constance les valeurs démocratiques et le droit international.

C’est pourquoi nous appelons le gouvernement luxembourgeois à agir avec détermination, notamment en fermant le Luxembourg Trade and Investment Office (LTIO) à Tel Aviv et en appliquant des sanctions ciblées envers Israël.

Le LSAP tient aussi à rappeler que l’inaction politique n’est pas une position neutre ! Les constats posés par la Cellule scientifique du Parlement luxembourgeois dans sa récente note « Les obligations et la responsabilité internationales du Luxembourg au regard des pratiques d’Israël dans le Territoire palestinien occupé » confirment que le Luxembourg ne peut se limiter à une posture passive sans s’exposer à des risques juridiques et politiques. Les obligations qui incombent à l’État, c’est-à-dire ne pas reconnaître une situation illégale et agir pour prévenir les violations, ne relèvent pas d’un choix opportuniste mais d’une mise en conformité avec le droit international.

LSAP

Luxembourg, le 10 avril 2026

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